C’est la dernière goutte de liquidités qui a fait déborder le vase. Salim, 35 ans, cadre dans une entreprise publique est aujourd’hui à sec. Il n’a pas pu retirer son argent depuis juillet dernier. Aujourd’hui, il décide de jouer sa dernière carte pour pas crever de faim : Prendre une année sabbatique.

« Vous n’allez pas me croire mais il me reste 45 dinars en tout et pour tout. Il y a plus de liquidités dans la poche urinaire de Boutef que dans les poches de mon pantalon. Je ne pensais pas que l’on pouvait en arriver là mais je n’ai pas trop le choix, je prends un congé pour retirer enfin mes 3 derniers salaires” lâche-t-il en détresse.

Ce soir, Salim quittera la maison de ses parents qui n’ont pas réussi à retirer leurs pensions non plus. Il va installer sa tente de camping Decathlon au pied d’un bureau de poste. Muni d’un sac de couchage, d’une glacière, et d’une résistance électrique, le fonctionnaire sans salaires est déterminé. “Je pouvais changer d’endroit, c’est par rapport à l’affluence dans chaque bureau. Je sais que ça va être trop long mais j’ai une année pour atteindre mon objectif” prévoit-t-il.
Coté sécurité et hygiène, Salim n’a rien négligé. Dans son sac à dos, on y trouve, des masques FFP2, du gel hydrologique, du Zithromax, du zinc, et une armure pour ne pas être violé dans la queue. “Je suis confiant et très motivé ! Mais j’ai un peu peur d’être piétiné dans un mouvement de foule, ma corpulence physique ne me permet de résister” craint-il.
Mais le jeune citoyen préfère positiver. En pleine pandémie, cette aventure sera un long voyage qui lui permettra de découvrir son pays. En effet, Salim compte se rendre à plus de 2500 bureaux de postes dans 48 wilayas différentes, dans l’espoir de trouver des liquidités. Reste à savoir, s’il reviendra avec son argent l’automne prochain ? Une chose est sure, avec les prochaines pénuries, il devra prendre une autre année sabbatique pour pouvoir le dépenser.

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