Décidemment, en matière de gouvernance de l’Algérie, l’histoire se répète indéfiniment. A peine le peuple s’est il enfin sorti d’une longue présidence fantôme de Bouteflika qu’il se retrouve à nouveau face à une nouvelle vacance du pouvoir. Abdelmadjid Tebboune est sorti du pays depuis un mois pour aller se faire soigner dans un hôpital dans la ville allemande de Cologne. Officiellement, en raison du virus du Covid-19, le séjour semble se prolonger au-delà du raisonnable alors que tout le monde pensait qu’il allait être de retour au bout de quelques jours seulement. Un air de déjà-vu qui provoque un malaise au plus haut niveau de l’Etat. Le conseil constitutionnel a décidé de réagir.

Mode « pilotage automatique » activé

Cette longue absence tombe à un moment très sensible et vraiment pas opportun pour l’Algérie. En effet, le président n’a même pas pu voter au referendum sur la constitution (son épouse l’a fait par procuration), le Sahara Occidental se fait attaquer par le Maroc, et le problème des liquidités à la poste se pose toujours. Sans parler des centaines de cas de Covid recensés quotidiennement. Autant de problèmes qui requièrent la présence d’une gouvernance au plus haut sommet du pays.

Face à cette situation, et pour la première fois en Algérie, le conseil constitutionnel a décidé de prendre ses responsabilités pour remédier au problème. Réunie en urgence cet après midi, la plus haute juridiction constitutionnelle, après avoir constaté la vacance du pouvoir, a décidé d’activer le mode « pilotage automatique » de l’Algérie. Il s’agit d’un mode de gouvernance prévu de longue date dans les textes régissant le pays mais qui n’a jamais été utilisé pour diverses raisons. Il fonctionne comme le code nucléaire qui n’est activé qu’en cas d’extrême urgence. Historiquement, il devait être utilisé lors de l’absence Boumedienne, mais ce dernier avait emporté le code d’activation avec lui en URSS et personne ne pouvait intervenir. Plus récemment, durant la longue absence de Bouteflika, il était prévu de l’activer également, sauf que Said Bouteflika, informaticien de formation, a réussi à changer le code en le reprogrammant pour qu’une fois activé, ce soit lui qui préside aux destinées du pays, et c’est ce qui s’est réellement passé. Le mode de pilotage automatique entrera en vigueur ce soir à minuit.

S'abonner à la newsletter

Restez informés en gardant le sourire :)