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La nationalité algérienne reconnue officiellement comme handicap par l’OMS

La nationalité algérienne reconnue officiellement comme handicap par l’OMS

OMS

Qu’est-ce qu’être Algérien ? Bien des philosophes se sont penchés sur la question sans pouvoir y répondre. De Socrate à Spinoza et de Platon à Deleuze en passant par Nietzsche et Bonatiro, tous ont buté sur cette énigme ontologique. Même Abdou Semmar n’a jamais osé investiguer sur le sujet (sans doute parce qu’une telle enquête ça récupère pas un permis de conduire). Qu’est-ce qui caractérise cet homo sapiens si singulier nommé Algérien et parcouru de paradoxes, rongé par la passion et harassé par la queue qui serpente devant les bureaux de poste à cause de la crise des liquidité ? Qu’est-ce qui le pousse à dégainer l’emblème national lors d’un match Costa Rica-Panama au stade Azteca à Mexico ? Par quel processus psychologique clame-t-il à dans le RER sans que personne ne le lui demande qu’il est Algérien et fier de l’être ? Pourquoi ? Comment ?

Poser la question au président de la république ? Nous l’avions fait. Voici sa réponse : « être algérien, c’est… kadha w kadha ila akhirih ». ça ne nous avance pas d’un pouce (bleu). Le ministre du commerce trouve quant à lui que la question est « fite répondue » : être algérien c’est « exporter des dattes en frac ».

L’Organisation mondiale de la santé vient de trancher définitivement la question. Etre Algérien n’est ni plus ni moins qu’un handicap, affirme l’OMS dans son rapport annuel. « Le handicap est la limitation des possibilités d’interaction d’un individu avec son environnement, menant à des difficultés psychologiques, intellectuelles, sociales ou physiques » lit-on dans le rapport. Une définition sans ambages qui recoupe le quotidien des Algériens. Avoir un passeport algérien par exemple ne te permet d’aller nulle part, note l’OMS en précisant néanmoins que ça peut servir de calepin pour prendre des notes. L’organe onusien rappelle que la situation des Algériens s’est beaucoup dégradée depuis 2020. « Dans la nouvelle Algérie, c’est le nom donné au lieu où sont parqués tous les gens atteints par cet handicap, les Algériens sont confrontés à des nombreuses difficultés : chômage, répression policière, prison. Si tu es athée tu encours une peine d’emprisonnement de 20 ans. Si tu es une Algérienne tu risques le viol et la mort. Et si tu es Algérienne et athée, il vaut mieux ne pas naitre du tout » déplore les experts. « Ainsi, avons-nous pris la décision d’inclure la nationalité algérienne comme handicap à part entière au même titre que les paralysies, les amputations et les infirmités motrices cérébrales » conclut le rapport de 300 pages.

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