Aujourd’hui, nous sommes le 03 mai et nous célébrons la journée mondiale de la liberté de la presse. Deux jours après la cessation de parution d’Ennahar, il faut dire que ça ne pouvait pas mieux tomber. Mais la disparition du quotidien Ennahar ne réjouit pas tout le monde. Les poissonniers par exemple ils ne sont pas contents. Avec quoi ils vont emballer leurs poissons maintenant ? Il y a aussi ceux qui comparent Ennahar à du PQ. Ben non, ce n’est pas pareil. Le PQ est souillé une fois qu’on s’est torché le cul avec, Ennahar en revanche est directement livré avec la merde tartinée dessus.

Ça nous fait une bonne raison pou célébrer cette journée. Par contre, il y en a mille autres qui nous invitent à la prudence. Célébrer la journée de la liberté de la presse en Algérie est un non sens. C’est comme si Naima Salhi fêtait Yennayer, ou bien Rabha Tounsi célébrait la fête de la femme. (Rabha Tounsi est la présidente de l’Organisation nationale des victimes du terrorisme et des ayants droit plus connue par “w doqa noqo3dou bla Rais”). Tu ne peux tout simplement pas célébrer une chose et être son contraire.

Rabha Tounsi qui se demande comment on va se torcher le cul après la cessation de parution du quotidien Ennahar.

La situation de la liberté de la presse en Algérie ? Ben tout va bien, jusqu’à prison. Le président Tebboune l’a d’ailleurs affirmé dans son entretien à la télé. “La liberté d’expression est totale en Algérie, la preuve : sur 8000 journalistes il n’y a que 3 ou 4 qui sont en prison”. Mais c’est quoi cet argument de merde ? J’ai utilisé le même procédé rhétorique avec ma femme qui me soupçonnait de l’avoir trompé. Je lui ai assuré que ma fidélité était totale, je ne l’avais trompé qu’avec 3 ou 4 femmes. J’ai encore les marques de sa main sur la joue.

Qui sont ces journalistes en prison ?

Rappelons les noms de ces journalistes en prison :

Khaled Drareni, incarcéré le 27 mars. Accusé de « incitation à attroupement non armé » et « atteinte à l’unité nationale »

Sofiane Merakchi, en détention depuis le 26 septembre 2019 pour « recel de matériel» et « fourniture d’images des manifestations du vendredi 20 septembre 2019 à la chaîne Al Jazeera et d’autres médias étrangers ». Le 5 avril dernier, Sofiane Merakchi est condamné par le tribunal de Bir Mourad Raïs à huit mois de prison ferme.

Saïd Boudour, journaliste et militant des droits humains, arrêté le 06 octobre 2019. Accusé d’ « atteinte au moral de l’armée » et d’« atteinte à l’unité nationale »

Anis Rahmani, non je déconne. Lui c’est pas un journaliste mais un vendeur de PQ. Arrêté pour escroquerie parce qu’il vendait du PQ souillé de merde.

Ils ne sont que trois sur 8000 journalistes. Ce n’est pas comme si c’était la moitié hein ? D’ailleurs, le régime a encore de la marge. Il peut encore embastiller 3996 journalistes. Ça fera 3999 journalistes en prison et le président Tebboune pourra alors se féliciter qu’une “bonne majorité soit en liberté”.

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