Boumala parle aux juges, et c’est tant mieux, ça les instruit. Hier s’est ouvert le procès du militant Fodil Boumala. Quoique ça ressemblait plus à un monologue littéraire pour le prix Shakespeare. Juges et procureurs, habitués à recevoir Haddad, Sellal et Ould Abbes, ont été largement dominé et n’ont pu placer un mot. Boumala quand il parle, c’est Rebrab quand il compte, une grande richesse. Selon des témoins, Boumala faisait tout : plaidoyers, réquisitoires et il a même annoncé le verdict à la fin : Les magistrats sont condamnés à 10 ans de lecture forcée.

Reporté jusqu’à l’instruction des juges, le premier volet du procès Boumala ne s’est pas contenté d’humilier la justice et enflammer le web, il remporte en 24 heures seulement cinq prix littéraires.

Les prix de la liberté

Il faut dire que la concurrence n’a pas été très rude cette année. Seuls Kamel Daoud et Amin Zaoui pouvaient inquiéter le détenu d’opinion. Etant donné que le premier est occupé avec sa carte de séjour et le second écrit de la merde, Boumala a tout raflé haut la main menotté : Prix Assia Djebbar, Mohamed Dib, la plume d’or, le prix Belhadj des lettres salafistes, et enfin l’écrivain chikour attribué par Rachid Boudjedra. “Ce plaidoyer est l’œuvre littéraire par excellence. C’est du génie, je ne sais combien de livres Mr Boumala a lu, pour pouvoir nous sortir cette merveille. Dostoïevski, Kafka, Al Moutanbi et j’en passe, en plus de la beauté des mots, il nous a fait visiter 20 siècles de littérature. C’est bien plus qu’une simple œuvre littéraire, chacun devrait avoir ce plaidoyer dans sa bibliothèque, jetez Coelho et Yasmina Khadra” explique le président de l’Académie algérienne.

Ému mais pas surpris, Boumala se dit ravi de recevoir cinq prix en plus des cinq chefs d’accusations. Il serait en ce moment dans sa cellule en train de préparer le deuxième tome de son plaidoyer qui sera sélectionné pour le Nobel de littérature. Au parloir ce matin, le temps de la visite était si court qu’il n’a pas pu aller au-delà de Céline “Autant pas se faire d’illusions, les gens n’ont rien à se dire, ils ne se parlent que de leurs peines à eux chacun, c’est entendu. Chacun pour soi, la terre pour tous.”

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