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Le pouvoir insiste "خلّونا نجوزو معاكم رمضان ونروحو"

Le pouvoir insiste "خلّونا نجوزو معاكم رمضان ونروحو"

La rédaction

« Deux choses sont infinies : La bêtise du pouvoir algérien, et sa longévité » dixit ce matin mon coiffeur, corrigeant par la même Albert Einstein.
Malgré l’impressionnante mobilisation du peuple algérien, le régime n’abdique pas. Bouteflika est candidat, il sera forcément réélu et dirigera le pays posthumément depuis un fleuve de l’enfer, réservé aux tyrans.
Mais comme en 2011 et 2014, l’indéboulonnable régime montre patte blanche afin de gagner du temps, et tente de détourner les Algériens des enjeux de leur révolution.
En effet, après avoir adressé à son peuple une lettre écrite en braille, dans laquelle il annonce son engagement à organiser des présidentielles anticipées, une conférence nationale et un référendum populaire pour la révision de la constitution, son clan sort de son silence coutumier et propose un nouveau compromis.

نجوزو رمضان ونروحو

C’est avec beaucoup d’émotion que le porte-parole du régime a traduit la dernière volonté de son clan. Les larmes aux yeux, il supplie le peuple de lui donner un dernier sursis. « Le mois sacré du Ramadan arrive dans 2 mois, on comprend votre révolte, vos revendications, mais ayez un peu de pitié, laissez-nous le passer avec nos familles, nos proches, et dans notre pays » annonce un communiqué. Selon la présidence, Bouteflika ressuscitera la nuit du doute pour revenir passer le Ramadan chez lui, parmi ses siens, l’ensemble des dirigeants quitteront la capitale française pour rentrer en Algérie le 16 mai.
Les membres du régime sollicitent la bienveillance d’un peuple sensible qui a prouvé à travers l’histoire sa bonté, son pardon et son grand cœur. Ouyahia rappelle les citoyens qu’en Europe, le soleil ne couchera qu’après 21 h 30, des journées interminables qui pourraient les achever. De plus, la savoureuse odeur de ce mois sacré, sentie dans les marchés et sur les autoroutes, l’ambiance la nuit etc…. « Je n’ai rien contre votre révolution, néanmoins je déplore son timing. Pourquoi ne vous êtes pas révoltés durant Noel par exemple, période ou on était tous à Paris, vous attendez Remdane, vous voulez qu’on crève de chagrin et de nostalgie, c’est ça ? Vous êtes inhumains » conclut-il, en pleurs.

« Et qui fera les sketchs »

Le pouvoir s’appuie sur un second argument pour étayer son désir de rester : Son indispensabilité pour les productions des sitcoms des soirées ramadanesques.
En effet, après avoir prouvé cette semaine leur sens de la dérision, leur folie, et leur humour noir, que la rédaction d’El Manchar envie, le pouvoir rappelle qu’un Remdane sans eux et sans Hamoud Boualam c’est nul ! S’engageant à continuer à faire rire les Algériens en faisant de la politique.

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