Faut-il pleurer, faut-il en rire ? Fait-elle marrer ou bien pitié ? La politique algérienne a dépassé toutes les fictions.
Deux scènes surréalistes s’étaient produites hier soir au siège du Conseil constitutionnel. D’abord, le directeur de campagne du candidat fantôme Abdelaziz Bouteflika vient déposer les signatures du président actuel par procuration violant ainsi la constitution pour la énième fois. Un peu plus tard, on apprend que Rachid Nekkaz, la star de cette précampagne farcesque serait finalement le directeur de campagne d’un autre « Rachid Nekkaz » un cousin mécanicien.
Un coup de théâtre qui a laissé les journalistes présents, comme Bouteflika, sans voix. Les Algériens suivant patiemment l’événement, en espérant un éventuel retrait du candidat fictif Bouteflika, ont été abasourdis. Même si beaucoup de citoyens sont restés concentrés sur les enjeux du mouvement populaire, né le 22 février, certains, ont craqué, d’autres ont eu recours à des drogues dures ou des psychotropes pour faire face au décalage de la réalité.
Voulant garder son peuple deux mois de plus pour des raisons électorales, le gouvernement ressent les traumatismes des victimes, et annonce ce matin la mise en place d’une cellule psychologique pour tous les citoyens ayant suivi les événements d’hier.

« Soyez forts, le pire est à venir »
L’annonce a été faite la présidence qui prend ses responsabilités en tant que seule cause de tout ce merdier. “Ce que le peuple algérien a vécu ce soir peut laisser de graves séquelles, surtout chez les personnes les plus fragiles, n’ayant même pas le courage de sortir manifester” annonce un communiqué. Selon la même source, la prise en charge psychologique consistera dans un premier temps à déculpabiliser le peuple, qui n’y est pour rien. « Vous n’êtes guère responsables de cette humiliation, la honte c’est nous ». Les Algériens ayant donnée leurs signatures à Rachid Nekkaz, recevront une assistance particulière, et un abonnement Netflix pour se détacher de la réalité et basculer dans la fiction.

Dans un deuxième temps, les plus jeunes qui n’ont pas hésité à sortir la nuit pour réitérer leur refus inconditionnel du 5ème mandat, bénéficieront d’un traitement de fond pour les dépolitiser et de ne plus vivre un tel traumatisme. Pour cela, ils devront regardé Ennahar, El Chourouk et El Bilad au moins 10 heures par jour, assister aux meetings du FLN deux fois par semaine et se nourrir exclusivement de cachir jusqu’au 18 avril.

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