kafkadre

L’adjectif Kafkaïen est couramment employé pour qualifier des situations absurdes, oppressives, ou sans issue de la vie moderne, mais aussi pour se référer à l’aspect incompréhensible et arbitraire du pouvoir pour ceux « d’en bas », jusqu’à évoquer l’horizon d’une société totalitaire.

Selon Google, Franz Kafka est un écrivain juif germanophone né à Prague en 1883, mais selon une enquête minutieuse menée conjointement par Algeriepart et El Heddaf, Franz Kafka, a l’instar de Neymar et Schumacher, est algérien.
D’ailleurs, c’est après sa rencontre avec Djamel Ould Abbés qu’il décide d’écrire La Métamorphose, l’histoire de Gregor Samsa (son nom est un hommage au fameux gâteau algérien éponyme) un représentant de commerce qui se réveille un matin transformé en un « monstrueux insecte ».

Récemment, la version originale de la célèbre nouvelle de Kafka a été retrouvée par Azzedine Mihoubi dans les sous-sols humides de la Bibliothèque Franz Fanon, qui, d’ailleurs, porte le même prénom que Kafka. Hasard ? Coïncidence ? Je ne le crois pas !
Voici pour vous, et en exclusivité, l’histoire d’un homme qui se réveille un matin transformé en cadre : La Métamorphose de Kafkadre.

Deuxième partie : Dormir c’est mourir un peu

Ce n’était pas un rêve. Son corps, son vrai corps, était là, gisant au milieu de ce lit qu’il connaissait bien. Il semblait encore respirer. Sans plus. A droite, sur sa table de nuit, trônait son livre de chevet : « Le Général Dans Son Labyrinthe » de Gabriel Garcia Marquez, son écrivain préféré. Il aurait pu écrire l’histoire de ma vie ? Ça aurait pu s’appeler « Le Président Dans Son Cadre » pensa-t-il ironiquement. Depuis toujours il a rêvé que Marquez écrive son histoire à lui, de son vivant. Mort, il sait qu’il finira dans une biographie historique sous la plume soporifique de Noureddine Boukrouh ou pire, de celle concupiscente de Azeddine Mihoubi. Quel triste sort !
Son regard se tourna ensuite vers la fenêtre, et le temps maussade – on entendait les gouttes de pluie frapper le rebord en zinc- le rendit tout mélancolique.
Et si je me rendormais un peu et oubliais toutes ces sottises. Je continue à penser que ce n’est qu’un mauvais rêve. Je vais essayer de me rendormir dans mon sommeil. Ou alors rêver que je dors.”
Mais c’était totalement irréalisable. D’abord parce qu’IL ne dort jamais sans son survêtement Adidas offert par Fidel Castro. Ensuite parce que c’est un très mauvais présage de rêver que l’on dort. IL l’avait appris dans le livre de Cheikh Belahmar « Dormir, c’est mourir un peu »
Selon Belahmer, rêver que l’on dort signifie que vous êtes ignorant des conditions et des événements qui se déroulent autour de vous ou peut aussi être synonyme de fin d’un cycle et vous invite au renouvellement et au recommencement. Ce qui était, bien évidemment, hors de question.
Ces réflexions ésotériques sur le sommeil furent brutalement interrompues par l’entrée fracassante de L’AUTRE et de deux hommes en blouses blanches dans la chambre.
“Vous faites vite, mais vous le faites bien s’il vous plaît !” Dit L’AUTRE. “On est certes pressés mais ne nous l’abîmez pas comme la dernière fois. A cause de votre maladresse IL n’a pas pu voir Angela Merkel.”
Les hommes en blancs s’exécutent en silence, le premier souleva délicatement le haut du corps et le second pris en douceur les jambes molles pour poser le corps dans la chaise roulante.
“Très bien !” Dit L’AUTRE. “Vous l’emmenez maintenant chez Nacer pour l’habiller. Chemise blanche, costume bleu foncé et surtout pas de cravate rouge. Et qu’il n’oublie pas de rembourrer les épaules cette fois !Mais qu’est-ce que tu fais ?” S’écria-t-IL du haut de son mur ?

– Qu’est-ce que je fais ? Et bien je t’emmène au travail, on a des gens à voir, des ennemis à combattre et des affaires à mener au cas où tu l’aurai oublié.
– Non je n’ai oublié, je me demande juste pourquoi je suis là, emprisonné dans cet immonde cadre et je te demande surtout de me sortir de la et tout de suite !
– Te sortir de la ? J’aimerai bien frérot, mais je ne suis pas Harry Potter et ici c’est Zeralda ce n’est pas Poudlard. Je n’ai pas de solution. Pour l’instant, on improvise.
– On a toujours improvisé Khouya Laaziz, ce n’est pas nouveau ! Dit Abdelmalek Sellal dont la silhouette longiligne apparue au milieu de la porte.

Sellal était un peu chez lui dans la chambre. IL l’adorait au plus haut point. IL disait toujours qu’il y avait deux choses qui le faisaient rire aux larmes : Les blagues de Sellal et les analyses de Lahouari Addi.

Libéré de ses fonctions officielles, ses enfants à Paris et sa femme au milieu de l’Imzad, Abdelmalek se retrouvait souvent seul et adorait LUI rendre visite. Il venait tous les jours, ce qu’IL lui plaisait au plus haut point, mais ça énervait L’AUTRE, qui voyait d’un mauvais œil ces distractions inutiles.

– Abdelmalek ! Mon frère ! Qu’est-ce que je suis content de te voir !
– Ce n’est pas ton frère ! C’est juste ton ami ! Ton frère c’est moi ! Hurla l’AUTRE.
– Oh ça va toi !, tu penses que c’est le moment de me faire des crises de jalousie ? Tu as vu dans quel état je suis ?
– Mon ami ! Enfin réveillé ! Je suis content de vous voir aussi, dit Sellal.
– Cela fait longtemps que je suis là-dedans en plus ?
– Oui, assez longtemps et je suis vraiment désolé de cette situation, nous y travaillons jour et nuit, mais ce n’est pas si simple. On saura peut-être comment vous sortir de là quand on aura plus d’informations sur comment vous y êtes rentré.
– Qui a pu m’enfermer la ? Qui a intérêt à ce que je sois emprisonné dans un cadre ?
– Ouyahia ! dit L’AUTRE, je suis sûr que c’est lui ! Il NOUS déteste depuis toujours. Il a toujours rêvé d’être là, à notre place. Ou alors Toufik ?
– Ni l’un ni l’autre, pour la simple raison que les deux ne peuvent pas vous encadrer, dit Sellal en éclatant de rire.
– Tu crois que c’est le moment de faire des blagues ? Dit l’AUTRE. Il y a un temps pour tout. Un temps pour travailler et un temps pour s’amuser. Un temps pour rire et un temps pour pleurer, un temps pour….
– Un temps pour parler et un temps pour se la fermer ! dit une voix venue de nulle part.
– Qui a parlé ? Hurlèrent tous les trois en même temps…
– C’est MOI, dit la VOIX, et j’ai tout vu. Je sais comment tout cela est arrivé…

A suivre…

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