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"Etre violée en permanence depuis 1962, m’a anéantie" témoignage exclusif de la constitution

"Etre violée en permanence depuis 1962, m’a anéantie" témoignage exclusif de la constitution

La rédaction

Subissant les violences les plus atroces depuis 60 ans, la constitution algérienne a décidé aujourd’hui de s’ouvrir exclusivement à notre rédaction pour un témoignage bouleversant. Âmes sensibles, s’abstenir ! Sans âmes, préparez vos mouchoirs, vous allez pleurer votre pays.

Bonjour, on est vraiment désolés de ce qui vous arrive. Vous tenez le coup ?
Je n’ai pas le choix. C’est mon quotidien depuis 57 ans maintenant. Je n’ai jamais connu de répit.

Racontez-nous brièvement votre histoire. Vous savez, certains de nos lecteurs sont nés après 1999
Oui je sais que certains jeunes ne me connaissent pas ou pensent que je suis le torchon de Bouteflika. Bref, j’appartiens à la famille Droits. Je suis né en 1963 à l’aube de l’indépendance du pays pour organiser sa vie politique et veiller sur le bon fonctionnement de l’état. En gros, je suis les règles du jeu dans un match de foot, afin que les ados puissent me comprendre.

Et à quel moment ça a foiré ?
Dès ma naissance. Je ne m’en rappelle pas mais on me raconte que je savais 2 mois quand on a essayé de me kidnapper, séquestrer et violer pour la première fois. Mes parents biologiques sont tous morts pendant la guerre, certains d’entre eux, ayant survécu ont été soit emprisonnés soit expulsés du pays. Je me suis retrouvé entre les mains de quelques clans qui se disputaient ma garde. Je crois que mon landau trimbalait de clan en clan, c’est là où a commencé le viol.

Et c’était quand précisément ?
En 65, je n’avais que 3 ans, j’étais victime d’attouchement répétés, par un groupe de militaires qui n’ont même pas assisté à ma naissance.

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Et après ?
De pire en pis. Même si les têtes étaient les mêmes, les viols n’ont pas cessé. 76, 80, 88… c’était humiliant à chaque fois… J’étais séquestrée dans un grand palais à El Mouradia. Et souvent, des pervers sexagénaires ou même septuagénaires se réunissaient au salon du palais et me faisaient subir les pires atrocités. Mes articles étaient changés, mes pages souillées puis déchirées, certains plus malades que d’autres me torturaient avec des outils, me mettaient sur le sol pour caler leurs bureau, et j’en passe. Désolée, l’émotion m’envahit, je ne peux pas vous en dire plus.

Je suis vraiment navré ! Donc aucune révision si j’ose dire, n’a été consentie ?
Aucune ! Toutes les fois où on m’a obligé de changer mes articles, c’était par viol, ce sont des usurpateurs.
En 1999, vous aviez alors 37 ans. Atteignant l’âge mure, on pensait que vos atouts physiques faisaient moins rêver vos bourreaux. Mais hélas c’est le contraire qui s’est produit
1999-2019 est la pire période de mon histoire. Au début, mon nouveau geôlier feignait la justice et le respect des droits. On l’a tous cru au début. La suite nous a prouvé le contraire. Cet homme là, est le pire de tous. Derrière ses yeux bleu et sa frimousse se cache un sadique. En 2013, alors que j’étais ménopausée, il m’a violé devant les yeux du monde entier en légalisant le viol sur ma personne. Depuis son arrivée, je suis en phase terminale, je perds mes lois, je souffre de partout, je suis alité dans une étagère sans aucune assistance, je préfère qu’on me brûle, qu’on en finisse !

Je ne sais plus quoi vous dire. Avez-vous déjà aimé ? Pourquoi personne ne vous a sauvé ?
Mon plus grand amour est le peuple. Il est venu une fois me libérer en 1989, ils l’ont abattu. Si ça se trouve, il subit le même sort que moi. Même s’il n’est pas séquestré par cette bande de détraqués, il est bafoué dans ses droits les plus élémentaires. Il est méprisé, oublié, spolié. J’espère que nous vivrons des jours plus heureux en 2019.

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