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Le gouvernement augmente le prix du pot-de-vin pour lutter contre la corruption

Le gouvernement augmente le prix du pot-de-vin pour lutter contre la corruption

La rédaction
corruption

La corruption en Algérie est la première cause de mortalité des rêves des Algériens. Sa pratique quotidienne augmente constamment et touche l’ensemble des secteurs. Des plus hautes sphères de l’état jusqu’au petit guichet d’état civil, la corruption est devenue la langue officielle de l’administration algérienne. Cette dernière, gangrenée depuis l’arrivée de Bouteflika au pouvoir, est en phase terminale. Aucun plan de lutte n’a été efficace, à cause de la diffusion des pots-de-vin au sein même des cellules de lutte. Une situation désespérée qui a poussé le gouvernement (largement touché aussi) a joué sa dernière carte.

« Une technique qui fera un tabac »

Le dernier recours sera donc d’augmenter le prix du pot-de-vin pour décourager les corrupteurs à corrompre. « L’Algérien tu peux le toucher partout, sauf à sa poche » estime le ministre des finances. Avant de poursuivre « Cette méthode a été efficace aux Etats-Unis et en Europe pour lutter contre le tabac. Les ventes de cigarettes ont reculé de 20% en volume, juste après la hausse d’un euro par paquet. Inspirons-nous ! Nous avons décidé donc d’augmenter le prix des pots-de-vins, toutes catégories confondues, de +50%. Le bakchich versé au maire pour obtenir un logement passe de 300 000 da à 500 000. Quant au pourboire d’un militaire pour l’obtention de la carte frôle désormais les 600 000. Pour les marchés de Sonatrach, les chantiers de Haddad, les fraudes électorales et toutes les autres affaires d’état on n’a pas encore fait le barème, de toute façon ça ne vous concerne pas » conclut-il.

Pot de vain

Pour autant, cette baisse de la corruption ne signifie pas une baisse de sa pratique au sommet de l’état.
L’augmentation du prix du pot-de-vin est certes dissuasive mais en même temps la corruption reste toujours accessible pour les hauts fonctionnaires, hauts gradés de l’armée et anciens corrompus comme Chakib Khelil. L’idée, c’est de la limiter en aval seulement, là où c’est visible. « La corruption deviendra une pratique de luxe. On pense même à confiner ses lieux de pratiques, Club des Pins par exemple. Finis les misérables bakchichs que vous versiez en dessous des tables, le pot-de-vin est désormais comme le Grand Cru de la Côte de Nuits, ce sera pas donné à tout le monde. Le titre de corrompu aura autant de valeurs que celui de ministre, de chef d’entreprise ou de général, il faut le mériter » a expliqué Ouyahia.

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