Karim B. a 26 ans et habite un quartier populaire d’Annaba. Diplômé depuis 3 ans de l’université d’Annaba, il n’a eu de cesse de chercher du travail dans son domaine (l’informatique), mais comme presque tous les jeunes de sa génération, aucune porte ne s’ouvre à lui.
Alors, Karim s’est mis en tête d’émigrer vers l’Europe pour continuer ses études et espérer se construire un avenir meilleur. Sauf que là aussi, problème, le visa n’arrive pas, ou plutôt « ne tombe pas » comme dirait Fellag.
Malgré tout un dossier bien ficelé, un frère déjà établi en France qui s’est engagé à le prendre en charge, un compte bancaire alimenté pour l’occasion et une promesse d’inscription dans une université parisienne, le consulat de France à Annaba a refusé 4 fois de suite sa demande de visa.
Le malheureux candidat à l’émigration s’en trouvé dépité puisqu’il ne savait plus quoi faire. Pas de travail, pas de ressources, pas de visa pour la France et surtout pas d’avenir, Karim s’est sérieusement à réfléchir à partir en harraga et a même commencé à contacter des personnes pour l’aider à concrétiser son projet.
Alors qu’un soir, il se promenait en errant, dans les rues d’Annaba, Karim fût attiré par l’une des affiches de campagne pour les élections locales qui vont avoir lieu prochainement. Il fût choqué par l’absurdité de celle-ci. Un peu plus loin, il tombe encore sur deux affiches de deux autres partis politiques qui rivalisaient avec la première en idiotie. Du coup, il eût une idée totalement saugrenue. Il s’est dit « et si je joignais les affiches de campagne électorale à mon dossier de demande de visa pour que le consul de France voit à quel point nous souffrons de la connerie humaine dans notre pays, peut être que cela pourrait l’attendrir un peu et lui permettre de regarder mon dossier avec un œil bienveillant ».
Le lendemain, Karim fait la tournée des permanences des candidats qui se présentent dans sa commune ainsi que dans les communes voisines et récolte leurs affiches électorales qui rivalisaient entre elles dans le ridicule.
Il reconstitue son dossier et joint les affiches avec un mot destiné au consul : « Monsieur le Consul, je vous prie de bien vouloir avoir une attention bienveillante concernant ma demande de visa, eu égard aux tortures morales que nous subissons depuis quelques mois de la part des candidats aux élections locales dans notre ville. Je vous joins à cet effet, des exemples d’affiches vantant les énergumènes qui vont nous gouverner localement dans les moins viennent, et vous laisse tout latitude d’en juger l’absurdité qui en dit long sur la qualité de notre vie à venir ».
Deux semaines après, le miracle se produisit. Karim obtient son fameux sésame pour l’Europe, avec en prime, un mot signé du consul en personne : « cher M. B. je compatis fortement à votre douleur morale et votre souffrance sociale. C’est pourquoi, j’ai décidé de vous donner la chance d’aller réaliser votre rêve chez nous en France. Avec mes amitiés. Signé, le Consul. »
Karim a pris son billet dès le lendemain et s’est envolé pour Paris. Il est déjà loin des guignols qui s’apprêtent à gérer sa commune pour 5 ans.

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