Boualem, 57 ans bien portés, habite Belcourt, le quartier populaire d’Alger. Et comme chaque vendredi matin, Boualem rassemble les 7 membres de sa famille pour les entasser dans bonne vieille Peugeot 504 qu’il a hérité de son père en 1987, et prend la direction de l’ouest algérois, et plus exactement, la plage de la Madrague, à Aïn Beniane, pour y passer une journée entière entre baignade et longues séances de bronzage. Chez la famille à Boualem, c’est toujours le même rituel pour ce type de sortie. On se lève tous vers 6h du matin pour faire griller les poivrons, tomates et autres oignons afin d’en faire une bonne tchektchouka. Pendant ce temps-là, l’un des enfants part chercher 10 baguettes chez Aami L’Hocine, le boulanger du coin, l’autre va faire un tour chez Si Lakhdar, l’épicier, pour prendre 4 bouteilles de gazouz Hamoud Boualem (2 sélecto et 2 blanches). Les filles, elles, s’occupent de préparer les draps qui vont servir à dresser la « tente » sur la plage ainsi que les serviettes (1 pour deux personnes), avant d’aller éplucher les pommes de terre pour préparer les frittes/omelettes.
La grande sœur, quant à elle, se charge de confectionner le mouscoutchou et le café au lait qu’elle met dans le thermos pour l’après midi. 8h30, tout le monde s’engouffre dans la bagnole, direction la plage. Boualem adore partir à ce moment là. Les algérois dorment encore et la route est quasiment vide. Il suit les boulevards longeant le front de mer algérois en passant par Bab El Oued, Saint-Eugène, La pointe Pescade avant d’arriver à Aïn Béniane. Il tout aussi heureux de pouvoir se garer tranquillement et sans difficulté car le « parkingueur » n’est pas encore réveillé. Sur la plage, Boualem et sa famille s’installent à 2 mètres du bord de la mer. Il plante tout de suite son parasol et délimite son terrain pour dresser sa tente avec les draps de la maison, et là, Boualem est tout content car il vient de « marquer son territoire », d’une superficie d’environ 10m².
Les enfants sont déjà dans l’eau et les femmes s’attèlent à installer le « deux-pièces-cuisine » de la famille. Boualem a le privilège d’avoir un espace dans la tente qui lui est réservé. Le reste est partagé par la famille. Pendant que vous, simple citoyen venu profiter d’un matin paisible sur l’une des plages les plus symboliques d’Alger, observez le manège de cette famille qui vient de s’installer en grande fanfare à 2m de votre serviette, Boualem est déjà en train de vous faire la discussion, en commençant par vous dire « Wallah dommage, nos plages sont magnifiques ! dommage qu’on n’ait pas su en profiter pour faire développer le tourisme comme dans les années 70 ! les gens ne sont plus ce qu’ils étaient avant ! ». Il vous dit ça, pendant qu’il est en train d’enterrer sa grosse pastèque de 5kg dans le sable, ainsi que les 4 bouteilles de gazouz. Une belle journée se profile pour vous deux, mais qui n’a pas le même sens pour l’un et pour l’autre.

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