Il est spontané, brillant et à la fois impertinent ; il a su faire adhérer à ses surprenantes visions des choses bon nombre de ses compatriotes ; Mnanauk a encore frappé. Cette fois-ci, c’est dans le milieu très prisé, mais surtout très prestigieux de la littérature qu’il fait une entrée fracassante. Connu pour ses idées dignes des plus grands penseurs de l’humanité, et sa maîtrise incontestable de la rhétorique, ce génie d’exception a, dans la discrétion la plus totale écrit puis publié un livre, et non des moindres. C’est donc après une carrière dans la musique et le podcast réussie avec brio que le seul homme à avoir cerné le vrai problème des Algériens se lance dans l’écriture.

L’ouvrage, entièrement rédigé en dialecte oranais s’intitule Raha m’khalta. L’équivalent en français serait C’est le bordel, mais aucune traduction précise n’est possible, tant sa finesse le rend complexe, ont révélé certains littérateurs qui se sont arrachés les premiers exemplaires de l’écrit. « Chaque paragraphe, chaque phrase et chaque mot de Raha m’khalta est un délice. À mesure que l’on progresse dans sa lecture, on sent une volonté apparente, certes utopiste mais intéressante de l’auteur d’apporter une vision fraîche sur la situation actuelle en Algérie. », a confié Hichem Belkais, professeur agrégé de lettres modernes, spécialisé en dialectes algériens et affilié à la Sorbonne.

Dans son ouvrage, divisé en 12 chapitres tous intitulés « Rak fahem… » mais fort heureusement différenciés par des numéros, Mnanauk aborde une large panoplie de thèmes. De la politique à l’économie en passant par la société, tout a été passé au crible fin. On retrouve ainsi des moments de réflexion sur le prix du « dele3 », des méditations sur l’avenir, ou encore des références aux différents moments qu’il a découverts durant toutes ces années, notamment « mine el wahed iywelli iytiyah fih normal », le tout sans la moindre retenue.

L’absence de censure est totalement présente ; on identifie aisément le style que revendique le youtubeur à succès. Une seule et unique ligne de mire : décrire les tourments qu’affronte quotidiennement le peuple algérien, afin d’illustrer de manière concrète le chaos, dont le titre annonce d’emblée la couleur. « C’est mon récent retour en Algérie qui m’a mis la puce à l’oreille sur cette incroyable idée. L’écriture n’a été que l’affaire de quelques jours ; on dit que l’inspiration occasionne la créativité, et pour le coup, j’ai été servi dès mon atterrissage sur Alger », a déclaré l’auteur à la presse britannique dans une interview. Lorsqu’on lui a demandé d’en dire plus sur son ultime accomplissement, il a répondu : « bladna chabba, w’hna des Algériens », avant d’ajouter : « l’gourga3 » et de plonger dans de profonds éclats de rire comme à son habitude.

Aimé au point d’être accueilli et acclamé à la manière d’un héros par une énorme foule le jour de son arrivée mais tout de même controversé par certains, le désormais écrivain n’a pas hésité à tacler haineusement tous ceux qui ont remis en cause ses talents quant à la plume, ou ses compétences de manière générale. Aux critiques, il répond par un cynisme singulier qui lui est propre ; une méthode brevetée Mnanauk, et qui plus est semble faire ses preuves.

L’éditeur Bayard a communiqué sur sa dernière pépite, proclamant : « nous sommes fiers de compter Mnanauk parmi nos auteurs ! ». Probablement prochain best-seller, le livre de Mnanauk est déjà victime de son succès, car en rupture de stock partout dans les librairies. Il a par ailleurs été traduit dans pas moins de 12 langues et 536 dialectes, dont le « sidi-yahien », où le titre original a été changé, question de compréhensibilité en Ya maman, rahi chamboulée, ou encore le « blidi », où l’on parle de Raha m’khalta hannouni.

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