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Constat à la veille de l’aïd : choper une place chez le coiffeur est encore plus difficile qu’une place au parlement

Constat à la veille de l’aïd : choper une place chez le coiffeur est encore plus difficile qu’une place au parlement

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Après 1 mois de ramadhan, les algériens s’apprêtent à célébrer la fin de ce mois sacré par deux jours d’Aïd el-Fitr bien mérités.
On va enfin pouvoir reprendre nos esprits et nos habitudes, alimentaires notamment. Les gens seront, à priori, plus détendus et les restaurants reprendront leur activité de plus belle.
Mais en attendant, il faudra naturellement fêter l’aïd. Et qui dit aïd, dit nouveaux habits, de l’argent pour les enfants, de la joie et de la bonne humeur mais surtout, une nouvelle coupe de coiffure.
En effet, tous les algériens, qu’ils soient femmes ou hommes, font un tour chez le ou la coiffeuse à la veille de l’aïd pour se couper les cheveux, et paraitre au meilleurs de ses jours.
Cet engouement pour le coiffeur existe depuis des dizaines d’années. Les professionnels du métier déclarent d’ailleurs que près de 35% de leur chiffre d’affaire se réalisent durant les veilles de fêtes de l’aïd.
Mais ce phénomène à un prix : arriver à choper une place sur le fauteuil du coiffeur ou de la coiffeuse est tellement difficile que les clients ont fini par constater que c’était encore plus difficile que de choper une place au parlement.
Boualem, un algérois de 44 ans nous raconte : « j’ai deux garçons, et avec moi, ça fait trois personnes qui doivent passer chez le coiffeur du quartier la veille de l’aïd ! je dois m’y prendre très à l’avance mais pas trop aussi car il ne faut pas risquer de voir les cheveux repousser d’ici l’aïd. Alors, à deux jours de cette fête, je prends une journée de congé et j’emmène les enfants chez le coiffeur vers 7h du matin pour espérer finir avant el Iftar ! notre coiffeur de quartier a dû s’adapter avec le temps puisqu’il a instauré un système de tickets numéroté à prendre à l’entrée du salon ! ça nous arrange comme ça puisque personne ne prend la place d’un autre. Mais gare à toi si on appelle ton numéro et que tu n’es pas présent ! tu es bon pour refaire la queue encore une fois ! »
D’ailleurs, sur place, nous avons vu que ce coiffeur de Boualem a dû agrandir temporairement son salon puisque son voisin mécanicien lui a loué une partie de son garage. Cette partie même qui a servi durant Ramadhan à vendre du Qelb Louz, zlabia et Cherbet.

« Les salons pour femmes : c’est encore pire ! »

Chez les femmes, la situation n’est pas meilleure puisque selon Hafida, la patronne d’un salon de coiffure à Chevalley, sur les hauteurs d’Alger, nous confirme l’accroissement d’activité la veille de l’aïd !
« Chez les femmes, c’est encore pire, nous raconte Hafida, les femmes viennent toute la veille de l’aïd pour se faire une coupe qui devra absolument tenir jusqu’à la fin de l’aïd, surtout si sa belle famille vient lui rendre visite pour lui apporter lem’hiba de l’aïd. Alors, elles se bousculent toutes chez nous pour arriver à passer sur le fauteuil. Certaines viennent à 6h du matin. Je suis donc obligée de m’adapter et d’ouvrir à cette heure-ci, et jusqu’à 23 ou minuit parfois. Je prends juste le temps de rompre le jeûne et je reprends. »
Des situations cocasses arrivent parfois chez les femmes. On assiste souvent à des prises de bec, voire des bagarres à mains nues entre les clientes qui s’accusent mutuellement de piquer la place ou de prendre trop de temps !
« Certaines femmes, nous confie Hafida, vont jusqu’à me proposer un pot-de-vin pour que je leur réserve une place à l’heure de leur choix ! Vous vous rendez compte !! d’autres n’arrêtent pas de parlementer avec celles qu’elles trouvent déjà sur place pour essayer de leur racheter leur tour ! j’en reste bouche bée.»
En tous les cas, de notre tournée dans les salons algérois, le constat est le même : c’est encore plus difficile que d’essayer de gagner une place au parlement !
Courage à tous, ce n’est qu’une question de deux jours

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