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Les formations en ingénierie de la corruption affichent complet 24h après l’ouverture des inscriptions

Les formations en ingénierie de la corruption affichent complet 24h après l’ouverture des inscriptions

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« Je pense que c’est la première fois que le ministère de l’enseignement et de la formation professionnelle propose des formations professionnalisantes en adéquation avec la réalité du marché de l’emploi et ses exigences en termes de connaissances et de compétences. Pour moi et pour les gens de ma génération, il s’agit d’une véritable aubaine, une réelle chance pour nous former à des métiers qui nous permettront de trouver facilement un travail et d’intégrer le monde professionnel plus tard. J’ai vu les modules proposés et le profil des intervenants et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Etat n’a pas lésiné sur les moyens. Ils ont vraiment mis le paquet. Nous étions les laissés-pour-compte de la république, et aujourd’hui je suis convaincu que nous seront les futurs forces vives de notre pays… » raconte Abdekka, 29 ans, titulaire d’une licence en droit et chômeur professionnel depuis plus de 4 ans. Il fait partie des 4 500 chanceux qui ont pu s’inscrire aux formations « ingénierie de la corruption » en « expertise de fraudes électorales » ainsi qu’en « techniques de détournement de fonds publics » nouvellement ouvertes dans les centres de formation professionnelle. Impulsées par le premier ministre dans le cadre de sa nouvelle stratégie de promotion de nouvelles mentions qui répondent aux besoins exprimées par les pouvoirs publics et les opérateurs privés, les chômeurs algériens, et parfois même en poste, ont pris d’assauts les établissements de formation au point où plusieurs spécialités affichaient complet quelques heures après l’ouverture des inscriptions.
 
Transmission des connaissances et d’un savoir-faire made in Algérie
Parmi les centaines de disciplines proposées, certaines affichaient complet à peine 24 heures après l’ouverture des inscriptions « c’est dire qu’il y avait une réelle attente de la part des jeunes en termes de d’enseignement dans des branches porteuses d’emploi et de débouchés sur le marché national » Nous confie fièrement, Rass Lahmar, directeur de cabinet du ministre de l’enseignement et de la formation professionnelle. Celui-ci nous a révélé qu’à travers ces formations, le gouvernement a voulu agir pour armer les jeunes de notre pays des connaissances et de savoir-faire made in Algérie qu’ils pourront faire valoir sur le marché national voire international dès leur sortie de formation. « Il est évident que nous avons les meilleurs experts au monde en matière d’ingénierie de corruption, en expertise de fraudes électorales ou encore en techniques de détournement de fonds publics. Nous avons alors mobilisé les plus grands spécialistes internationaux de ces domaines, à l’exemple de Chakib Khelil, Amar Saïdani, Amar Ghoul et Ahmed Ouyahia pour ne citer qu’eux, pour nous produire des plans et contenus de formations ambitieux et efficaces dans leurs domaines respectives, puis de former les formateurs pour assurer une transmission de savoirs qu’ils ont acquis dans leurs expériences professionnelles » ajoute-t-il avec un contentement presque orgueilleux.
 
D’autres cessions sur l’ensemble du territoire prévues dans les prochains mois
Ouvertes depuis le 24 janvier dernier, les candidats potentiels ont jusqu’au 20 février prochain pour s’inscrire aux formations qui les intéressent dans la limite des places disponibles. La rentrée officielle est prévue pour le 28 avril prochain mais le ministère de l’enseignement et la formation professionnelle à d’ores et déjà annoncé que d’autres cessions allaient être ouvertes dans les prochains mois sur l’ensemble du territoire. Le premier ministre, Abdelmalek Sellal, n’a pas tardé à exprimer sa satisfaction quant au succès « inattendu » et « satisfaisant » de « ce vecteur stratégique pour le développement de notre pays qui garantira une cohésion nationale dans le long termes» avant de réaffirmer sa volonté d’aller plus loin en stimulant « une politique qui promeut le savoir, la connaissance, le mérite et la reconnaissance ». Ce n’est pas pour jouer aux trouble-fêtes, mais se priver des compétences des Bouteflikas dans ces domaines est une aberration qui nous scandalise.
 

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