L’on signale plusieurs actions de protestations menées par des citoyens à travers plusieurs localités du pays, où des routes ont été fermées à la circulation, le seul canal adopté pour exprimer exposer des revendications d’ordre social. Une « routine », dirions-nous. Cependant, la plus originale aura été celle menée par les habitants d’un village située à quelque 200 km de l’autoroute est-ouest.
En effet, ces villageois ont procédé à la fermeture de la seule route qui mène au village pour exiger le départ de… la canicule. Dans la matinée d’hier, des dizaines de citoyens, torses nus, ont bravé une chaleur écrasante pour occuper les lieux de la protesta. Le seul mot d’ordre qu’on pouvait lire sur l’unique banderole brandie était : « Canicule, dégage! » Toutes les tentatives des autorités locales de nouer le dialogue avec les manifestants se sont avérées vaines. Même le wali dont la présence était indésirable, s’est vu contraint de remonter dans son véhicule et de quitter les lieux. « Nous ne discuterons qu’avec le directeur de l’office national de la météorologie », nous fait savoir le porte-parole des contestataires, interrogé sur les raisons de cette intransigeance. Selon notre interlocuteur, toutes les démarches menées par l’association du village auprès des responsables de la Sonelgaz et des élus locaux sont restées sans suite. C’est devant l’indifférence des responsables concernés que les habitants du village ont décidé de recourir à cette action « extrême » et unique dans les annales, faudrait-il le préciser.
La proposition de la Direction de la Sonelgaz d’installer des ventilateurs géants dans le village, n’a pas fait l’unanimité au sein des citoyens en colère. « Mais avec quelle énergie vont fonctionner ces ventilateurs ? » s’est emporté un homme parmi la foule. Joint par téléphone et sollicité pour plus de précisions à ce propos, le directeur régional de la Sonelgaz s’est dit ne pas comprendre le refus des villageois de cette solution alternative.
Pour rappel, les habitants de cette localité avaient déjà mené des actions pour exposer leurs conditions de vie difficiles, notamment les coupures récurrentes et intempestives du courant électrique et les longues pénuries d’eau potable.
Par ailleurs, on apprend que les mêmes villageois menacent d’ores et déjà, de revenir à la charge l’hiver prochain, pour exiger le départ de la vague de froid, puisque leur village n’est toujours pas approvisionné en gaz de ville, malgré toutes les promesses faites par les autorités locales. A en croire des informations recueillies sur place, la réponse de la Sonelgaz a été claire et, pour le moins, originale : « On ne peut pas raccorder un village qui n’a pas de ville au gaz de ville, comme son nom l’indique. » Nous y reviendrons…
 

Rahim Zenati
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